[DIGITAL Business Africa] – La Gambie se positionne comme un hub africain de l’innovation médiatique en accueillant, du 14 au 15 avril 2026 à Banjul, une formation stratégique sur l’intelligence artificielle appliquée au journalisme. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la 17e Assemblée générale de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR), qui s’accompagne de la célébration du 20e anniversaire de l’UAR.

Pendant deux jours, 60 journalistes gambiens ont été formés par des experts internationaux du Cameroun, de Chine et de Gambie. Cet atelier a été animé notamment par Beaugas Orain DJOYUM, directeur général d’ICT Media STRATEGIES, aux côtés d’Amran Gaye, Founder & CEO de DreamConnect Edu & Travel, et de deux experts chinois de la National Radio and Television Administration (NRTA), dont Leroy Zhang, Global Marketing Manager de l’Academy of Broadcasting Science. Haman Mana, directeur de publication du journal Le Jour, en assurait la facilitation.

Dans ce cadre, le DG d’ICT Media STRATEGIES a animé les principaux modules de cette formation, à forte valeur pédagogique et opérationnelle. Le premier, intitulé « Généralités sur l’IA et le journalisme », a permis de poser les fondamentaux tout en insistant sur le cadre éthique indispensable à la pratique journalistique à l’ère de l’intelligence artificielle.

Il a ensuite présenté aux participants les outils d’assistance éditoriale à travers le module « Introduction aux outils de production assistée par l’IA : assistants éditoriaux ; automatisation ; analyse de l’information », incluant un focus spécifique sur « Comment utiliser les outils d’IA pour lutter contre les deepfakes et les fake news ? ». Enfin, un troisième module, « Création de contenus médiatiques assistée par l’IA : texte, image, audio, vidéo ; montage ; postproduction », a offert une immersion concrète dans les usages avancés de l’IA pour la production de contenus multimédias.

Pour le Dr. Ismaila Ceesay, ministre de l’Information, des Médias et des Services de radiodiffusion de Gambie, les enjeux sont clairs et urgents : « Aujourd’hui, nos journalistes et nos diffuseurs font face à une double responsabilité. La première consiste à adopter l’innovation tout en défendant la vérité. »

Dans son intervention à l’ouverture du séminaire, le ministre a insisté sur le potentiel transformateur de l’IA pour les rédactions :
« L’intelligence artificielle peut aider nos rédactions à travailler plus intelligemment. Elle peut également améliorer la narration audiovisuelle. Elle peut renforcer le journalisme de données. Elle peut automatiser les processus de production et améliorer l’engagement des publics. En réalité, elle facilite votre travail. »

Mais il a également alerté sur ses dérives :

« Mais en même temps, elle peut être utilisée comme une arme par la désinformation, les deepfakes, les contenus manipulés et la propagande synthétique. »

L’accélération du cycle de l’information constitue un autre défi majeur.

« Aujourd’hui, l’information apparaît d’abord sur les plateformes numériques avant même d’arriver à la télévision », a rappelé le Dr. Ismaila Ceesay, avant de souligner :
« Les fausses informations circulent plus vite que les faits, et de plus en plus, l’intelligence artificielle fait partie de cet écosystème. C’est pourquoi cette formation arrive à point nommé. »

Même son de cloche du côté de Grégoire Ndjaka, directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion, qui appelle à une utilisation responsable de ces technologies :

« Ce qui est important, ce n’est pas seulement de savoir utiliser l’intelligence artificielle, mais surtout de connaître les bonnes pratiques dans ce domaine. »

Et d’ajouter :

« Si l’intelligence artificielle est bien utilisée, elle est bénéfique pour la société, mais si elle est mal utilisée, elle peut être très, très nuisible pour un pays. »

Au niveau national, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de transformation du paysage audiovisuel gambien. Abdoulie Sey, directeur général de la GRTS, y voit un levier stratégique :
« C’est l’une des étapes vers la transformation et la réforme de la GRTS… le matériel doit être modernisé… les logiciels également… mais aussi les mentalités, les compétences et les capacités des personnes qui y travaillent. »

Il insiste :
« Et comment y parvenir ? Par la formation continue. »

Intervenant en tant que formateur, Beaugas Orain DJOYUM a salué la qualité des échanges et l’engagement des participants :

« C’était un réel privilège de contribuer au renforcement des capacités des journalistes gambiens sur une problématique aussi stratégique que l’intégration de l’intelligence artificielle dans la pratique du journalisme. À travers des cas concrets et la prise en main d’outils d’IA ciblés, nous avons partagé des méthodes et des bonnes pratiques visant à faire de l’IA un levier d’amélioration de la qualité de l’information. »

Poursuivant, le DG d’ICT Media STRATEGIES a insisté sur les enjeux éthiques liés à ces technologies :

« L’enjeu est clair : éviter que ces technologies ne deviennent des instruments de manipulation ou de destruction de la réputation des institutions, des marques et des individus, pour en faire, au contraire, des outils puissants au service de la vérité, de la vérification et de la lutte contre la désinformation. Je tiens à remercier le directeur général de l’UAR pour cette opportunité qui me permet de transmettre ce savoir-faire à l’échelle africaine. »

Au-delà de la Gambie, cette formation illustre une tendance de fond sur le continent africain : l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les écosystèmes médiatiques. Entre opportunités d’optimisation des processus éditoriaux et risques liés à la désinformation, les médias africains sont désormais appelés à trouver un équilibre entre innovation technologique et responsabilité éditoriale.

Dans cette perspective, des initiatives comme celle-ci résonnent fortement avec les enjeux du salon E-Gov’A 2026, prévu à Yaoundé, qui mettra en lumière les interactions entre l’intelligence artificielle et la gouvernance pour bâtir des services publics efficaces dans une Afrique « cashless, paperless et seamless ».

Par Digital Business Africa